LA TRAITE NEGRIERE (3/4)

La traite coloniale européenne

L’Europe n’a pas « inventé » la traite négrière. Nous avons vu, au cours des précédents articles, qu’en fait elle a été pratiquée par les sociétés de l’Antiquité, puis au cours du Moyen-âge européen. De même, les empires arabo-musulmans, y ont eu recours et nous avons vu lors de notre dernier article que la traite intra –africaine existait de longue date. Pourtant la colonisation du nouveau monde par les Européens, marqua une augmentation quantitative du phénomène. En effet entre 12 et 15 millions d’hommes et de femmes ont été déportés de leur continent sans aucun espoir de retour et ceci organisé administrativement par les plus grandes nations européennes de l’époque.

 

L’historique de la traite

Essayons d’abord de situer dans le temps cette traite coloniale européenne. A partir du début du XVème siècle, les marchés d’esclaves d’Asie centrale se sont fermés aux marchands européens du fait de la construction de l’empire ottoman. Devant cet état de fait, les marchands d’esclaves doivent se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement.

A partir de là, nous voyons trois phénomènes se développer et rentrer en concordance.

  • D’abord des aventuriers Portugais qui depuis 1312 et la conquête des Canaries, vont petit à petit prendre possession de certaines îles et territoires  le long de la côte africaine, au nom du roi du Portugal. C’est Madère en 1420-1425, le cap Bajador en 1434, le cap Branco en 1441, le cap d’Arguin en 1443-1444, les îles du Cap Vert en 1444, la Gambie en 1445, la Sierra Leone en 1460, le cap des Palmes en 1471, Sao Tomé en 1474, Elmira en 1482 et enfin Kongo et Lunda en 1482.
  • D’un autre côté, le pouvoir  portugais veut établir des paysans de la péninsule qui manquent de terres et implanter des cultures spéculatives, notamment la canne à sucre, qui exige de la main d’œuvre.
  • Troisièmement les marchands d’esclaves sont à la recherche d’une nouvelle source d’approvisionnement qu’ils cherchent à contrôler. Nous les trouvons dès 1447 dans la petite île d’Arguin échangeant de la poudre d’or et des captifs razziés chez les maures contre des pièces d’étoffe et du blé.

La conjonction de ces trois phénomènes, mettra en place dans un premier temps une traite des noirs africains par les marchands portugais dans la péninsule et dans les îles face à l’Afrique et ce dès 1450. Les Portugais développent le grand comptoir de traite de Sao Jorge de Mina après 1481, puis l’économie des plantations à Sao Tomé après 1486. Nous ne sommes pas encore dans le commerce triangulaire, mais dans un commerce direct, le long de la côte africaine entre le Portugal et ses colonies. Ce n’est qu’à partir de 1550 que sera mis en place par les portugais, (après le voyage de Pedro Cabrol en 1500, qui lui permet de découvrir le Brésil), un commerce au travers de l’Atlantique.

Entre temps, Christophe Colomb découvre l’Amérique au nom du roi et de la reine d’Espagne en 1492. Il effectue quatre voyages qui se déroulent jusqu’en 1504. En 1519, les espagnols assiègent Tenochtilan, tuent l’empereur Moctezuma et envahissent le Mexique (l’actuel Mexico sera reconstruite sur les ruines de l’ancienne capitale Aztèque).

D’un autre côté, ces mêmes  espagnols s’installent en Floride en 1513, puis Lucas Vallez de Ayllon en Caroline du Sud en 1526.

La colonisation de l’Amérique du Nord, par les Européens, commence dès la fin du XVIème siècle. Elle est faite essentiellement par trois pays, l’Espagne, la France et l’Angleterre mais il ne faut pas oublier le rôle joué par la Hollande. La colonisation des nouveaux territoires peut alors commencer.

 

L’importance de la traite en chiffre

Nous venons de voir que toutes les grandes puissances maritimes Européennes de l’époque participèrent à la colonisation de l’Afrique et de l’Amérique du Nord et du Sud.

Pour ce qui est du Portugal, nous avons vu comment, un début de déportation de la main d’œuvre africaine avait été mise en place.

Nous pouvons dire que le même schéma a été reconduit avec le continent américain d’abord avec la découverte du pays et son contingent de guerre et d’extermination des populations locales, ou leur mise en esclavage. Dans un deuxième temps les colons arrivent pour le peuplement de ces nouveaux territoires. Troisième temps, des cultures spéculatives demandeuses de beaucoup de main d’œuvre (canne à sucre, café, etc.) sont installées.

Dans un souci de rentabilité, le commerce triangulaire s’est mis en place entre les trois entités : l’Afrique pourvoyeuse d’esclaves, les colonies employeuses de cette main d’œuvre et fournisseuses des produits tirés des cultures spéculatives et enfin les puissances maritimes européennes qui arment les bateaux, fournissent les capitaux, consomment les produits et empochent les bénéfices.

Soit par leur ancienneté dans ce trafic, soit par leur puissance, quatre d’entre elles assurèrent 90 % de celui-ci. Le Portugal, en tête avec 4, 650 millions de captif transportés, vient ensuite l’Angleterre avec 2,6 millions puis l’Espagne avec 1, 6 million et enfin la France, avec seulement 1, 25 millions.

Il est à noter que l’Espagne, possesseur de la plus grande partie des continents de l’Amérique utilise moins la traite négrière directe et préfère utiliser la traite des autres pays.

Nous pouvons chiffrer la totalité de la traite négrière Européenne à environ 12 millions d’esclaves. Les pays destinataires de la traite étaient principalement :

Le Brésil avec 4 millions, l’empire Espagnol  (y compris Cuba) 2,5 millions, les Antilles Britanniques 2 millions, les Antilles Françaises (y compris Cayenne) 1,6 millions, l’Amérique du nord Britannique et Etats-Unis 0,5 millions, les Antilles Hollandaises 0,5 millions, les Antilles Danoises 0,028 millions.

Les chiffres de la traite négrière ont longtemps été sources de polémiques. Des estimations allant jusqu’à 200 millions de personnes avaient été annoncées, mais nous savons, maintenant que la majorité des archives ont été étudiées, que le chiffre de 12 à 13 millions est admis par tous. Ce qu’il faut bien noter, c’est que pour ces 12 à 13 millions d’Africains embarqués, le nombre de victimes en Afrique directement liées à cette traite est impossible à évaluer avec précisions faute de sources fiables, mais que l’on peut évaluer dans l’état des recherches actuelles à 4 ou 5 fois le nombre de captifs embarqués.

 

Les circuits de la traite

La traite négrière formait trois circuits distincts. Nous pouvons dire que celle de l’Atlantique Nord fut la plus massive et moteur du système négrier européen. C’est celle qui fonctionnait sur le schéma du circuit triangulaire que nous avons vu précédemment. Les navires chargés de marchandises de peu de valeur destinées à l’achat des esclaves se rendaient depuis l’Europe sur les côtes d’Afrique, lieu de la première transaction. Puis ils traversaient l’atlantique pour rejoindre les Antilles ou le continent Nord Américain où étaient vendus les captifs, qui devenaient esclaves dans les différentes plantations. Enfin les bateaux étaient chargés avec les différentes productions des colonies et repartaient vers l’Europe.

La traite de l’Atlantique Sud fonctionnait presque toujours en droite ligne entre le Brésil et Luanda, Porto Novo et Ouidah sur la côte Africaine. Ils étaient chargés au Brésil de productions locales ou importées par les Portugais, accostaient en Afrique où ils achetaient les captifs, puis repartaient vers le Brésil.

La traite dans l’Océan Indien était encore différente, car les transactions se faisaient des côtes de Madagascar et d’Afrique orientale vers les îles sans revenir dans les ports Européens.

 

Les régions de départ des esclaves de la traite atlantique.

Si nous séparons cette traite négrière en trois grandes périodes comme l’a fait O. Pétré-Grenouilleau, c’est-à-dire 1519-1675, 1676-18OO et 1801-1867, nous obtenons le tableau suivant. (Les chiffres sont donnés en milliers de personnes)

 

 

1519-1675

1676-1800

1801-1867

Séné Gambie

34 ,8

349,1

114,5

Haute Guinée

2,5

367,8

225,2

Côte de l’Or

51,3

922,9

69

Baie du Bénin

3,5

1453,4

546,5

Baie du Biafra

94,8

963,8

459,1

Afrique Centrale

787,4

2473,8

1626,4

Afrique de l’Est

3,2

75,2

406,1

Total

1009,0

6606,0

3446,8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous pouvons en déduire que la période qui fut la plus propice à cette traite négrière fut sans conteste la période allant de 1676 à 1800 et que seule l’Afrique de l’Est a vu le nombre d’esclaves partis de ses rives  augmenter lors de la période 1801 à 1867, ceci étant essentiellement du à la traite illégale après l’abolition. L’éloignement est sans doute la cause de la non application des accords entre la France et le Royaume-Uni basé sur le droit de visite des navires.

 

Destination des captifs

Deux grands ensembles de territoires reçurent à eux seuls près de 10 millions de captifs qui devinrent des esclaves, soit plus de 80% de l’ensemble de la traite atlantique.

Le Brésil reçut environ 4 millions d’esclaves et l’archipel des Antilles près de 6 millions. Les Etats-Unis, période Anglaise comprise, en reçurent environ 500 000 et l’ensemble de l’Amérique Espagnole environ 1,6 million.

L’esclavage colonial fut donc massivement le fait de la Caraïbe et du Brésil, mais selon une chronologie différente. Au moment où  la traite à destination des Antilles  fléchissait, suite à la révolution de Saint Domingue en 1793 et à l’abolition de la traite Anglaise en 1807, la traite vers le Brésil prenait son essor maximal, culminant dans les années 1830-1840. Seul Cuba et Porto Rico dans les Caraïbes continuèrent à attirer massivement une traite illégale jusque dans les années 1860.

 

 

La mortalité des captifs pendant le transport

La mortalité des captifs pendant leur transport sur les navires négriers a été en constante baisse depuis les années 1590 jusque dans les années 1830. Très élevée au début de la traite, elle  était d’environ 30% mais décroissait rapidement au début du XVIIIème siècle du fait,  essentiellement, de l’amélioration de l’alimentation et de l’hygiène L’obligation était faite aux navires négriers d’embarquer un chirurgien à bord, cette marchandise étant coûteuse pour l’armateur, chaque mort était une perte de bénéfice. Mais cette mortalité si elle est en baisse se stabilisera autour de 15% à partir du milieu du XVIIIème siècle. Mais ce taux moyen cache des inégalités terribles, car il s’avère impossible d’éliminer les maladies infectieuses et le scorbut. De plus des révoltes ou des tempêtes amènent certains voyages à être de véritables hécatombes. Nous pouvons rajouter que par esprit de profit supérieur, certains pays ou armateurs passaient par-dessus les règles minimales d’hygiène.

A  partir des années 1830, le caractère clandestin de la traite fait disparaître le peu de contrôle existant et le taux de mortalité remonte.

Il est à noter que l’équipage sur ce type de navire était soumis aux mêmes risques d’épidémie et de tempête, et qu’avec le travail très dur des marins le taux de mortalité était beaucoup plus élevé que celui des bateaux de commerce ordinaire.

 

Les profits de la traite

L’Europe négrière s’appuya surtout sur les ports de sa façade atlantique, en plein essor depuis la mise en valeur des colonies d’Amérique. Séville et Cadix qui étaient des grands centres au début de la conquête de l’Amérique, restèrent des ports d’arrivée des métaux mais ne jouèrent pas un rôle prépondérant dans la nouvelle économie basée sur les plantations esclavagistes. Nous l’avons vu précédemment la place de Lisbonne était faible car le commerce avec le Brésil se faisait en « droiture » d’Afrique en Amérique. Les activités négrières et les retours des denrées coloniales furent le moteur du développement des grands ports atlantique d’une Europe occidentale en croissance rapide à partir des années 1740.

.Les grands pôles de la traite atlantique, se trouvent dans un triangle qui va de Bordeaux, à Liverpool et à la côte Néerlandaise.

Il est intéressant de dresser un tableau, en groupant par pays les différents ports de la façade atlantique

Ports

Nombre d’expéditions

Total par pays

Liverpool

4894

 

9870 pour l’Angleterre

Londres

2704

Bristol

2064

Autres ports Anglais

208

Zélande

688

 

1058 pour la Côte néerlandaise

Rotterdam

126

Amsterdam

210

Groningue

34

Dunkerque

41

 

 

 

 

3699 pour la France

Le Havre

451

Honfleur

134

Saint Malo

218

Lorient

137

Nantes

1714

La Rochelle

448

Bordeaux

419

Autres ports Français

48

 

 

Nous pouvons noter que l’Angleterre arrive largement en tête de ce commerce triangulaire, avec le port de Bristol qui a lui seul lance plus d’expéditions que la totalité des ports Français. Ceci s’explique par le fait que la marine anglaise est la plus importante d’Europe et qu’elle a fait beaucoup d’expéditions pour fournir en esclaves les autres pays tel que l’Espagne, les colonies Néerlandaises, voire le Brésil et la France dont la demande en esclaves dépasse de beaucoup la capacité de leur flotte marchande.

Quant aux profits retirés de cette traite négrière et de ce commerce triangulaire, les recherches les plus récentes montrent que le rendement moyen de ces expéditions n’a pas dépassé les 10%. Ce qui à l’époque était un rendement assez important pour le capital investi, mais qui ne correspond pas aux fabuleux bénéfices que le « commerce du bois d’ébène » était censé rapporter.

Ce qui a sûrement attiré les capitaux sur cette sorte d’entreprise, c’est son côté aléatoire, car une expédition réussie pouvait rapporté de 100 à 150 % de bénéfice et un naufrage dans une tempête ou une épidémie pendant le transport anéantissait tout espoir de bénéfice. Ce « jeu » explique sûrement l’attrait des capitalistes pour acquérir des parts dans les sociétés négrières.

De plus ce commerce jouissait de beaucoup d’avantage de la part des pouvoirs politiques en place. Citons pour exemple cette phrase écrite en 1778 dans un mémoire adressé au roi de France par la chambre de commerce de Bordeaux : « De tous les commerces maritimes, il n’en est pas de plus hasardeux que la traite des noirs (…). Et cependant il n’en est pas qui mérite plus de faveur et de protection (…). Sa majesté par les faveurs qu’elle lui a accordées a reconnu combien ce commerce était utile à l’Etat et à cette province ».

Mais pour bien saisir l’enjeu de ce commerce, il faut voir aussi toutes les activités annexes liées à cette activité. Nous pouvons noter, la fabrication et la vente des marchandises de traite, l’ensemble des métiers liés à la construction navale et à l’armement des navires, les activités manufacturières et commerciales induites par l’arrivée des denrées coloniales, la circulation des capitaux à travers le réseau des banques européennes, les assurances maritimes et les bourses. Le développement de certains ports européens et l’essor de l’Europe se mesurent en ajoutant les bénéfices directs de la traite négrière et ceux de toutes ces activités générées en amont et en aval.

 

L’abolition

Dès la fin du XVe siècle, nous pouvons voir que la papauté tente de mettre un terme à la traite et condamne l’esclavage. Puis les abolitionnistes de la traite des noirs furent les noirs eux-mêmes, à travers les protestations, révoltes et soulèvements. Certains groupes formèrent de véritables principautés, à l’image de l’île de Saint-Domingue-Haïti où dans la nuit du 22 au 23 août 1791, les esclaves de la colonie française se soulèvent contre leurs maîtres. La révolte est menée par Boukman, un prêtre vaudou. C’est le début d’une guerre menée par Toussaint Louverture qui aboutira à l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804. Il est à noter que L’UNESCO fera du 23 août “la Journée internationale du Souvenir de la Traite négrière et de son abolition“. La révolution Française abolit l’esclavage en 1794, mais le premier consul Bonaparte le rétablit en 1802.Le Danemark est le premier pays Européen à abolir la traite des Noirs en 1803, viennent ensuite les Etats-Unis et l’Angleterre en 1807. La machine était lancée et tous les autres pays européens y prenaient part. Au Congrès de Vienne (1815), Talleyrand obtient de pouvoir participer aux conférences initialement réservées aux quatre vainqueurs en promettant à Lord Castlereagh, représentant de la Couronne Britannique, de soutenir la position britannique sur l’interdiction de la Traite des noirs. L’interdiction de la traite (et non de l’esclavage) est adoptée dans le texte final. Cette décision ne sera pas prise en compte par Louis XVIII et il faudra attendre une ordonnance de ce même Louis XVIII pour que soit abolie la traite négrière en 1817.Malgré l’abolition de la traite, celle-ci continuera de perdurer dans les faits, car la demande des propriétaires terriens était importante, le système économique des grandes exploitations étant basé sur l’esclavage.

La traite est illégale et non pas clandestine. En effet, jusqu’au milieu des années 1820, des négriers français sont armés dans les ports de Nantes ou de Bordeaux, à la vue de tous. Ils bafouent délibérément la loi. Entre 1815 et 1833, on recense 353 bateaux de traite dans le port de Nantes. L’Angleterre mène une lutte sur les mers pour réprimer cette traite illégale, essentiellement pour des raisons d’équilibre économique. Mais les milieux d’affaires français doutent de sa sincérité et l’accusent de vouloir ruiner la France et de saborder la relance économique. Continuer de faire la traite apparaît comme un acte patriotique  pour la richesse de la France ! La traite négrière disparaît grâce à des accords entre la France et le Royaume-Uni basés sur le droit de visite des navires. Les marines royales croisent sur les côtes occidentales africaines. Leur mission est de visiter les lieux de la traite et même les navires marchands, afin de s’assurer que ceux-ci ne transportent pas d’esclaves. Cette croisière dite de répression s’avère très efficace. On dénombre, après 1835, 20 navires français s’étant livrés à la traite. Le Brésil abolit officiellement la traite en 1850[], alors que le dernier navire négrier arrive à Cuba en 1867[]. Si la traite atlantique  et ce commerce triangulaire ont disparu, une traite persiste entre l’île de Zanzibar et le monde arabe. Alexandrie est de nouveau, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’un des principaux marchés à esclaves. On estime à 1,65 millions de personnes le nombre des victimes de la traite transsaharienne entre 1800 et 1880[].

Conclusion

Ces trois articles sur les traites négrières au cours de notre histoire n’ont que la prétention de présenter ce phénomène et de permettre au lecteur d’avoir un aperçu de cette réalité et de l’inciter à aller plus loin dans son étude. Si l’abolitionnisme de la traite chez les esclaves correspond à une révolte contre une condition inhumaine, l’abolitionnisme européen, lui, répond plus à des réalités économiques.

Il nous revient d’avoir un regard d’honnête homme sur ce passé peu glorieux de notre histoire, de le condamner bien sûr mais aussi de voir notre monde actuel. Car si nous avons vu que les traites négrières n’existent plus au XXIème siècle, il n’en est pas de même de l’esclavage qui  persiste soit dans certains pays dans sa forme traditionnelle (servitude pour dettes et ventes d’enfants), soit dans l’exploitation de la main d’œuvre dans des conditions de servitude extrême (mines, usines de sous-traitance et plantations), soit dans des cas de servitude domestique clandestine. Une cinquantaine de pays et non des moindres sont encore impliqués dans ce phénomène. Pour que l’abolition de l’esclavage, comme il en a été de la traite négrière, soit une réalité sur notre planète, une longue marche reste encore à faire et de nombreux combats sont à mener, surtout à notre époque de mondialisation, où l’on s’aperçoit, de plus en plus, que la recherche du profit maximum menée par le système capitaliste tant à tirer la condition humaine vers le bas.

Patrick Allier

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

Je tiens à remercier particulièrement Marcel DORIGNY et Bernard GAINOT qui avec leur

Atlas des esclavages aux Editions AUTREMENT collection Atlas/Mémoires, ont fait un travail exemplaire. De plus ce livre a été soutenu par La route des esclaves de l’UNESCO.

Atlas historico cultural de América, F.Morales Padron, Las Palmas de Gran Canaria 1988

Les traites négrières, Essai d’histoire globale, O. Pétré Grenouilleau, Gallimard Paris 2004

A.Roman,  Saint Malo aux temps des négriers  Karthola  Paris 2001

D.Eltis, S.D.Behrendt, D.Richardson et H.S.Klein, The Trans-Atlantic Slave Trade (A.Database on CDRom), Cambridge, 1998.

M.Zmuda, Saint Malo port négrier? XVIIème - XIX ème siècles Phénix Editions 2004